L’escalier de la Gare de l’Est

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L’alimentation en eau de Paris et le Balcon vert

Vous vous rappelez la rangée de palettes rue d’Alsace ?
Cette rue est interrompue par un passage pour aller vers la Gare de l’Est, utilisé par bien des voyageurs qui auraient certainement espéré un ascenseur bien moderne pour descendre les 3 étages qui séparent cette partie de la rue de la gare.

Mais en lieu et place de cet ascenseur se trouve un bel ouvrage : un double escalier de pierre avec palier.Escalier-Gare_Est-Sylviedenogent-DIY_Mur_végétal_Développement_DurableDD_Recyclage (1)

Le mendiant de la rue d’Alsace est sur la photo, en haut à gauche de l’escalier
(voir Les palettes de la gare de l’Est ).
Mais non visible grâce à facepixelier : merci Miss Zap !

L’escalier

L’escalier a été construit par dessus des canalisations d’eau à l’époque où nos Napoléons (Napoléon Ier 1769 – 1821 & son neveu Napoléon III 1808 – 1873) ont décidé d’amener de l’eau potable aux parisiens (1803 à 1850 ).
Depuis, une colonne d’aération pour le métro de la ligne n° 4 a été installée au centre des escaliers tournants.
En été 2012, l’escalier a été restauré : les pierres ont été gommées, quelques balustres remplacés.

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L’alimentation en eau de Paris

Napoleon_1-Wikipedia.org-Jacques-Louis_David
Napoléon 1er
Napoleon_3-Wikipedia.org-Alexandre_Cabanel
Napoléon III

Le grands projets de dérivation des eaux de surface pour alimenter Paris en eau étaient déjà d’actualité sous Henri IV (1553 – 1610).
Ils se sont succédés au gré des connaissances techniques, des volontés politiques, jusqu’à la décision impériale qui imposa la construction du canal de l’Ourcq, à double usage, navigation et distribution de l’eau à Paris.
Commencé en 1802, il devait être terminé en 1805.
Les travaux commencèrent en 1803 et se terminèrent en 1822 et la distribution complète de l’eau dans la capitale ne fut effective qu’en 1850.Pour plus de précisions, un extrait du texte de Anne Le Strat est repris en bas de page.

 

Balcon vert

Lorsque je disais que les voyageurs de la SNCF aurait apprécié un ascenseur pour descendre de la rue d’Alsace vers la gare de l’Est, c’était sans parler du chemin inverse : monter 3 étages avec ses bagages n’est pas aisé, même avec des valises à roulettes.

Leur vœux va se réaliser d’ici peu…
Normalement, mais entre les décisions municipales, les problèmes budgétaires, les retards des BTP,… on n’est jamais sûr de rien.

Mais restons optimiste, car  un programme « Balcon vert » a été signé en décembre 2014, avec début des travaux en 2016 et un achèvement des travaux en 2019.
Réalisation d’un hôtel, de jardins, d’ascenseurs…

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L’escalier selon Saint wikipedia.org :

Cet élégant escalier, tout en rachetant une dénivelée de 3 étages, dissimulait un ouvrage hydraulique qui était le point de départ de trois grosses conduites d’eau en fonte qui y étaient mises en charge par les eaux dérivées par une prise effectuée sur le bassin de la Villette et qui y étaient acheminées par un aqueduc à plan d’eau libre empruntant le tracé de la rue du même nom, le bassin de la Villette étant alors alimenté par les eaux du canal de l’Ourcq. C’était une volonté du Ier Consul Napoléon Bonaparte pour apporter de l’eau potable aux Parisiens qui, jusqu’alors, ne disposaient que de l’eau insalubre de la Seine et de puits, source d’épidémies. Les conduites souterraines descendaient en direction de la Seine par l’actuel boulevard de Strasbourg suivi du boulevard Sébastopol et se divisaient dans les quartiers pour alimenter les fontaines publiques dont celle dite du Palmier au Châtelet. Cette distribution a été remaniée sous le Second Empire qui lui a substitué des eaux de sources. L’ouvrage hydraulique de mise en charge a disparu à cette époque. L’escalier entoure à présent un ouvrage de ventilation de la ligne N°4 du Métro.
Plus sur wikipedia.org

La distribution de l’eau à Paris selon Saint Lasserre :

Extrait de Transferts massifs d’eau : Outils de développement ou instruments de pouvoir ? publié par Edéric Lasserre.

Extrait du chapitre 5 d’Anne Le Strat
L’alimentation en eau de Paris Les grands travaux

Quand on évoque les projets de transferts d’eau on pense généralement transferts d’eau entre pays avec tous les contentieux et conflits géopolitiques que cela sous-entend. Il arrive cependant que des projets de transferts d’eau soient conçus voire réalisés sur une échelle transnationale mais également, et surtout, au sein d’un même pays. L’histoire de la politique d’approvisionnement conduite pour Paris est ainsi jalonnée de projets, menés à terme ou abandonnés, de dérivation d’eaux de surface et de sources. Ils ont été portés par des ingénieurs et par les représentants de la puissance publique, prenant forme au gré des avancées techniques, du développement socioéconomique et territorial de la capitale et des ambitions de l’Etat.

L’alimentation en eau de Paris devient un sujet de préoccupation récurrent au XIXe siècle et tout particulièrement dans sa seconde moitié. Etant donné la forte croissance démographique de Paris, l’évolution de ses besoins économiques avec une augmentation progressives des standards de vie, ainsi que des critères de santé et d’hygiène publique beaucoup plus exigeants, les besoins en eau de la capitale se firent toujours plus grands. En conséquence les ingénieurs et les services techniques de la ville entreprirent de répondre à cette demande croissante en élaborant des programmes de travaux dont certains envisageaient le détournement de ressources en eau hors du territoire parisien voire de son bassin hydrographique. Cela donnera lieu à de vives controverses entre ingénieurs s’opposant sur des conceptions et des approches techniques très différentes, avec en arrière fond la bataille entre les eaux de surface et les eaux de sources. In fine l’autorité publique, que ce soit sous la forme des représentants élus du conseil municipal ou de l’Etat via le Préfet, décida des politiques hydrauliques pour Paris et en conséquence des investissements à consentir et des projets à réaliser.

  1. L’ancienneté des projets de dérivation des eaux de surface

Bien avant les grands projets du XIXe siècle, des travaux furent conduits pour approvisionner en eau certains lieux et certaines demeures, essentiellement royales ou aristocratiques. Ainsi Henri IV décidé la reconstruction de l’aqueduc d’Arcueil destiné à alimenter le Palais du Luxembourg, résidence de la reine Marie de Médicis. La construction de l’aqueduc dura dix ans de 1613 à 1623 et fut mis en distribution à partir de 1628. Sous le règne de Louis XIV on imagina détourner les eaux de la Loire afin d’alimenter le parc, e Château et la ville de Versailles, profitant du fait que le lit de la Loire se tient à un niveau supérieur à celui du lit de le Seine. Mais c’est la rivière de l’Ourcq avec ses affluents qui donna lieu durant des siècles à de très nombreux projets de transfert d’eau.

1.1.      Les péripéties de la dérivation des eaux de l’Ourcq

La rivière de l’Ourcq, affluent de la Marne, a suscité depuis les premiers temps de l’ingénierie hydraulique les convoitises et les projections plus diverses pour utiliser ses eaux à des fins multiples. Plusieurs projets furent étudiés, oubliés puis repris sous des variantes au cours des siècles. Elle fut canalisée de 1529 à 1636 pour amener du bois sur Paris. A la fin du XVIIe siècle l’idée fut avancée de dériver l’Ourcq de Lizy à Paris jusqu’à la place du « Throne » et le long des remparts nord de la capitale. Louis XVI et Colbert soutinrent ce projet porté par Riquet mais il n’aboutit pas faute d’argent.

La perspective d’une arrivée des Eaux de l’Ourcq à Paris par canal de dérivation des affluents de l’Ourcq et de la Marne non couvert et à double usage pour la navigation et l’eau potable fut relancée au début du XIXe siècle. Deux entrepreneurs Solages et Bossu sollicitèrent le Premier Consul pour relancer le projet de dérivation de la Beuvronne, de la Thérouane et de l’Ourcq à hauteur d’un volume quotidien de 120 000 m3 qui devait être utilisé pour moitié pour la distribution de l’eau à Paris. Eclata alors une controverse entre ingénieurs sur l’utilisation des eaux et sur l’opportunité de garantir le double usage. Au départ salué le projet du canal suscita en effet rapidement de vives craintes quant au risque sanitaires, les eaux de l’Ourcq étant soupçonnées de faciliter par la voie d’eau la propagation du choléra jusqu’à Paris. Après moult péripéties et tergiversations la volonté politique, et en ‘occurrence impériale, décida du sort de ce projet. Dans ses ambitions pour Paris Bonaparte volait offrir l’eau aux Parisiens. La décision fut donc prise en 1802 de débuter les travaux pour les terminer trois ans plus tard (1805). La polémique sur le double usage fut pareillement tranchée en &805 selon le dessein de l’Empereur en faveur d’une utilisation du canal à des fins de navigation pour bateaux de moyenne grandeur et d’alimentation en eau. Cela s’accompagna d’une transaction amiable entre la ville de paris et la famille d’Orléans pour le rachat des droits de circulation sur la rivière d’Ourcq. Le risque de contamination des eaux ne fut pas occulté pour autant et fut évoquée la construction possible dans le futur d’une aqueduc ou conduite des eaux d’alimentation dans le fonds du canal afin de séparer les eaux de navigation de celles de la distribution. Vers 1837 les eaux de l’Ourcq seront filtrées avant d’être distribuées aux fontaines marchandes.

La construction prévue pour trois ans dura en réalité vingt ans de 1803 à 1822 et la réalisation de la distribution des eaux à l’intérieur de la capitale fut seulement achevée en 1850. Environ 3 000 ouvriers auxquels s’ajoutèrent des prisonniers de guerre à partir de 1808 furent mis à contribution pour accélérer les travaux et permettre la célébration la 2 décembre 1808 de l’arrivée des eaux de la Beuvronne au bassin de La Villette et le 15 août 1809 à la fontaine des Innocents, toutes deux à la gloire de l’Empereur. Quinze nouvelles fontaines durent érigées pour distribuer ces eaux selon le décret impérial après une étape de filtration à la sortie du bassin de La Villette, l’eau devait être répartie sur l’ensemble de la ville par deux réseaux distincts de 10 000 m3 chaque, le premier réseau desservant le service public et gratuit (fontaines publiques, monumentales, bâtiments publics…) le second conçu pour le service particulier payant (maisons et établissements privés). Environ 80 000 m3/jour étaient ainsi nouvellement distribués pour des usages d’eau potable mais aussi d’aménagement de la capitale avec les fontaines décoratives.

L’exécution de ce projet de dérivation ne put être mené à terme que grâce à la commande impériale et à la forte emprise de l’Etat sur ce projet grandiose pour l’époque quant aux arbitrages techniques et économiques. Au regard des besoins de la population en eau était évident même si la qualité de l’eau fut vite reconnue médiocre et la quantité jugée rapidement insuffisante en fonction des besoins d’usage quotidien.

1.2. Le feuilleton de la dérivation des eaux de la Loire et des Vals de Loire

1.3. L’aventure en terre Suisse

……

 

 


Photographies Copyright ©Sylviedenogent – Toute reproduction interdite sans autorisation préalable de l’auteur


 

Le mur végétal

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5 réflexions au sujet de « L’escalier de la Gare de l’Est »

  1. Bonjour Sylvie,
    Merci pour cet article très intéressant. De manière générale, j’aime les belles histoires. Lorque petites, elles rejoignent la grande, je suis comme les enfants…la bouche et les yeux grands ouverts. L’histoire, dont celle de l’architecture,…passionnant : encore un centre d’intérêt commun a priori, vraiment super !
    Bonne soirée, à bientôt.
    Catherine

    J'aime

  2. Super intéressant ! Riquet a construit le canal des deux mers, bien plus ambitieux… En revanche, c’est plutôt la qualité du réseau d’égouts qui permet de lutter contre le choléra… et dans les villes françaises, il est mis en place tardivement… Années 1930 pour Caen, par exemple.

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